Le groupe Partouche se retire définitivement du Palm Beach, un nouvel actionnaire arrive

Le groupe casinotier, exploitant historique du site de Cannes, se retire définitivement. Le groupe immobilier Madar doit racheter ses parts pour s’associer au projet Tartary-Barokas. Une date symbolique. Pas étonnant que Patrick Tartary ait choisi ce 5 avril pour annoncer l’arrivée d’un nouvel actionnaire dans la Société Palm Beach Côte d’Azur.

Il y a 90 ans, jour pour jour, le nouveau Casino de la pointe Croisette était officiellement inauguré lors d’une soirée de gala aux 600 invités triés sur le volet (voir ci-dessus). L’étendard d’une Belle époque…

Aujourd’hui, l’exploitant des lieux (associé à son ami David Barokas) veut croire au renouveau de l’établissement, et espère dessiner son avenir avec l’acceptation de son projet par les 1 500 copropriétaires de la Pointe Croisette.

UNE EXPERTISE DANS LES ACTIFS IMMOBILIERS

Pour les convaincre de sa solidité financière, un nouvel argument de poids : le groupe immobilier Madar.

«Nous avons eu plusieurs candidats qui se proposaient d’être nos partenaires, avec des fonds financiers conséquents. L’intérêt du groupe Madar, c’est leur expertise dans les actifs immobiliers, souligne Patrick Tartary. Ce sont de réels associés, pas seulement des partenaires, qui nous apportent une vraie valeur ajoutée »

Propriétaires d’une centaine d’immeubles et de plusieurs centaines de boutiques à Paris (dont une partie du centre Beaugrenelle), les frères Alain et Jean Madar devraient racheter les actions Partouche (49 %) pour 11,5 Me d’ici juillet pour devenir coactionnaires à 50 % dans la société Palm Beach Côte d’Azur du duo Tartary-Barokas.

«D’ores et déjà, les Madar injectent 30Me dans l’opération, et leur entrée au capital n’est pas subordonnée à la prolongation de notre bail au-delà de 2027 », précise encore Patrick Tartary.

De quoi mettre du beurre dans les épinards à l’heure où les travaux de rénovation du Palm Beach se poursuivent (toiture…). Surtout en vue d’une prochaine assemblée générale des copropriétaires de la Pointe Croisette, qui sera peut-être décisive.

Concurrencé par le projet hôtelier du groupe maltais Corinthia, le projet Tartary-Barokas entend renouer avec le prestigieux passé du Palm Beach, notamment en faisant réémerger à l’identique la fameuse piscine, dans laquelle Alain Delon et Jean Gabin laissaient se noyer le butin de leur casse dans Mélodie en sous-sol. Après la transformation de la salle de jeux en salle de spectacle et l’installation du restaurant-cabaret Medusa, les enseignes culinaires Zuma (japonais) et NUSR-ET (steak-house oriental) s’implanteraient au Palm Beach en cas de prolongation du bail au-delà de 2027. Inauguré le 5 avril 1929 par Henri Ruhl (propriétaire du Carlton) et M. Chauvelot, le casino d’été Palm Beach entendait rivaliser avec le Juan-les-Pins festif de Franck Jay Gould et son american way of life

Après avoir déménagé son Casino sur la Croisette au 3.14, Patrick Partouche se résigne à ne plus avoir aucune part dans le Palm Beach, non sans une certaine amertume : « Le groupe aurait pu continuer d’investir pour les dernières années de bail mais j’estime qu’avec les syndicats de copropriétaires, on allait dans le mur. Que je sois seul ou associé, ils m’ont définitivement dégoûté, alors que pendant vingt ans, je n’ai pas économisé mon temps, mes moyens et mon énergie pour sauver un édifice mythique, qui était promis à la démolition ! Aujourd’hui, je souhaite réussite et longue vie au tandem Tartary-Barokas, et je compte sur le maire de Cannes pour ne pas laisser s’installer un autre Provençal sur la Croisette !

De notre côté, on va accélérer le chantier au 3.14, afin que notre hôtel ouvre d’ici à dix-huit mois ».

Source NiceMatin